Glossaire de la lésion cérébrale

ACOUPHÈNE
L’acouphène est une sensation auditive perçue par l’oreille, mais qui n’est pas provoqué par une source extérieure. Le patient est le seul à entendre son acouphène. Le plus souvent, il se traduit par un sifflement ou un bourdonnement. Les causes d’un acouphène chronique sont multiples ; on retrouve le traumatisme crânien parmi celles-ci.
AGNOSIE
L’agnosie est une incapacité de reconnaitre ce qui est perçu (audition, vision, toucher), alors même que les organes sensoriels ne sont pas endommagés.
L’agnosie est due à une lésion des zones cérébrales relatives aux fonctions d’interprétation et de mémorisation . Ces lésions peuvent être d’origine traumatique, infectieuse, tumorale ou dégénérative. Le plus souvent, elle est la conséquence d’un AVC.

Il existe plus plusieurs types d’agnosies
L’agnosie visuelle qui est l’impossibilité de reconnaitre, grâce à la vue, des objets familiers. Il arrive que les personnes soient dans l’incapacité d’identifier un visage connu, voire son propre visage dans un miroir. On parle alors de prosopagnosie.

L’agnosie auditive qui se caractérise par l’incapacité d’identifier des sons, des bruits habituels, un langage, …

L’agnosie tactile qui est l’impossibilité de reconnaitre des objets grâce au toucher et au contact avec les doigts.

L’agnosie spatiale « Héminégligence » qui est un trouble de l’orientation spatiale. Le patient ignore partiellement ou totalement les éléments de l’espace situés du côté opposé à la lésion cérébrale. Voir l’onglet « héminégligence ».

AGUEUSIE
Absence de sensibilité gustative.
AMNÉSIE
Perte totale ou partielle, temporaire ou définitive de la mémoire. L’amnésie peut affecter les capacités de mémoriser l’information et/ou de se rappeler l’information passée déjà en mémoire.

On parle principalement d’amnésie antérograde et rétrograde.

L’amnésie antérograde se manifeste par l’impossibilité de fixer de nouveaux souvenirs. Le malade ne peut rien mémoriser et oublie tout au fur et à mesure.

L’amnésie rétrograde se traduit par une impossibilité de se remémorer des faits et des souvenirs passés.

ANOSMIE
Diminution ou perte complète de l’odorat.
ANOSOGNOSIE
Incapacité pour une personne de prendre conscience de ses troubles.
ANOXIE

Manque d’oxygénation du cerveau. Une anoxie peut être la conséquence d’un arrêt cardiaque.

Les séquelles résultant d’une anoxie sont souvent plus importantes que celles causées par un AVC ou un traumatisme crânien. En effet, dans ces deux cas, les zones endommagées du cerveau sont souvent localisées. Dans le cas d’une anoxie, c’est tout le cerveau qui manque d’oxygène et qui est donc touché.

APATHIE
Manque d’initiative et indifférence émotionnelle et affective  qui induit une grande passivité et une lenteur dans l’action.
APHASIE
Trouble de l’expression et/ou de la compréhension du langage oral ou écrit résultant d’une lésion cérébrale.
AVC - Accident Vasculaire Cérébral
On note deux types d’accidents vasculaires cérébraux différents : les AVC ischémiques et les AVC hémorragiques

L’AVC ischémique est provoqué par un caillot qui empêche la bonne circulation du sang dans un vaisseau sanguin. Parfois elle est même interrompue tant le caillot est important. Si le caillot se forme directement dans le cerveau, on parlera de thrombose. Si par contre il se forme ailleurs dans le corps, mais parvient au cerveau via les artères, on parlera d’une embolie (AVC embolique).

L’AVC hémorragique est lui dû à une rupture d’un vaisseau sanguin provocant une hémorragie à l’intérieur du cerveau. Le sang inonde alors le cerveau et la boite crânienne, mais comme il ne trouve pas d’échappatoire, il compresse le cerveau, augmentant par la même occasion la pression intracrânienne.

Un anévrisme, c’est création d’une petite poche de sang dans une artère. Il arrive qu’elle se rompe, consécutivement à un traumatisme par exemple.

Une malformation des vaisseaux sanguins du cerveau, présente le plus souvent dès la naissance, augmente les risques d’AVC hémorragique.

BROCA
Zone du cerveau dédiée au traitement langage et dite aire  de Broca, d’après son découvreur, Paul Broca. Cette zone du cerveau est principalement dédiée à la production langagière. Lorsque celle-ci est lésée, la personne parle lentement, cherche ses mots, à des difficultés d’expression. De la même manière, l’expression écrite peut également être impactée.

À l’inverse de ce qui se passe dans des cas d’aphasie de Wernicke, l’aphasie de Broca n’a pas (de manière générale) d’impact sur la compréhension.

COMA
La définition clinique du coma est un état dans lequel le patient n’est pas réveillable et n’a, par conséquent, aucune conscience de lui ou de son environnement. Ses yeux sont fermés en permanence. Il répond parfois à la douleur.

La prudence est néanmoins de mise, car certains patients affirment avoir des souvenirs de cette période. Peut-on affirmer l’absence de conscience malgré des souvenir ?

Contrairement aux idées reçues, la période de coma s’étend rarement au-delà de 4 semaines. Le patient qui sort du coma a différentes issues : la mort cérébrale, l’état d’éveil non-répondant, l’état de conscience minimale ou la récupération (avec ou sans séquelles).

On parlera de commotion si la période de perte de connaissance est inférieure à une heure.

COMMOTION
Perte de connaissance d’une durée inférieure à une heure, suite à un choc à la tête.
DÉSINIBITION
Absence d’inhibition. La personne s’exprime ou se comporte de manière très extravertie. Il  n’y a plus de filtre permettant de réguler les comportements en fonction des personnes que l’on a en face de soi ou des situations qui se présentent. Cela mène souvent à des comportements inadaptés.
DIPLOPIE
Trouble de la vue qui provoque une double vision.
DYSTONIE
Contraction involontaire qui place les parties du corps dans des positions non-naturelles.
ÉCHELLE DE GLASGOW
C’est l’échelle de graduation de la conscience. Cette échelle va de 3 à 15 points. 3 indique que la personne est dans un coma profond ; 15 qu’elle est pleinement consciente. Cette échelle répond aux critères suivants : ouverture des yeux, réponse verbale et réponse motrice, en leur attribuant un score en fonction de la réponse. Elle est souvent utilisée pour évaluer le niveau de conscience d’un patient ayant subi un traumatisme crânien qui arrive aux urgences.[/su_note]

 

ÉTAT DE CONSCIENCE MINIMALE OU ÉTAT PAUCI-RELATIONNEL
Comme son nom l’indique, des bribes de consciences peuvent être observées.

Il existe une sous-catégorisation de l’état de conscience minimale (ECM). On le divise désormais en état de conscience minimale « – » et « + ». Dans le premier cas, les mouvements ne sont plus apparentés à des réflexes, comme c’est le cas pour les personnes en syndrome d’éveil non répondant. Ces patients vont, par exemple, suivre une personne du regard, lui sourire, pleurer. Mais ils ne répondront pas à la commande comme vont le faire les patients en ECM « + ». Elles sont capables de spécifiquement suivre un objet du regard, de serrer le poing ou de cligner des yeux, si on leur demande. Une communication est possible même si elle reste compliquée.

Toute personne ayant traversé une période de coma et ayant retrouvé une activité fonctionnelle est passée par ces 4 stades : coma, syndrome d’éveil non répondant, état de conscience minimale, récupération fonctionnelle. Parfois, la récupération est très rapide et le passage d’un stade à l’autre ne peut pas être observé.

ÉTAT D'ÉVEIL NON RÉPONDANT
Dans le syndrome d’éveil non répondant, le patient montre des phases de veille et de sommeil. Il ouvre les yeux et peut même effectuer des mouvements oculaires, mais de la même manière que les réactions et les mouvements du patient, ce ne sont que réflexes. Aucune interaction ni communication n’est possible ; il ne parle pas.

Le syndrome d’éveil non répondant, est ce qu’on appelait autrefois, l’état neuro-végétatif persistant.

Les chances de récupération s’affaiblissent fortement lorsque 12 mois après un traumatisme crânien le patient est encore en état d’éveil non répondant. Son état est alors qualifié de permanent. Si la lésion cérébrale est due à une cause non traumatique, cet état d’éveil non répondant est déclaré permanent après 3 mois seulement.

HANDICAP INVISIBLE

Handicap qui n’est pas perceptible au premier abord. Handicap qui ne se voit pas. On peut citer par exemple les troubles de la mémoire immédiate, très handicapant au quotidien.

HÉMIANOPSIE
Perte de la moitié du champ visuel dûe à la lésion cérébrale, alors que les yeux, eux, ne sont pas affectés.
HÉMINÉGLIGENCE
Perte de la conscience d’une moitié de son corps.
HÉMIPLÉGIE
Paralysie d’une moitié du corps.
HYPOTONIE MUSCULAIRE
Manque de tonus musculaire.
LOCKED-IN SYNDROME
Le locked-in syndrome se traduit en français par les termes “syndrome de verrouillage”. Cela veut dire qu’une personne est physiquement enfermée dans son corps ; elle est complètement paralysée, suite à une lésion du tronc cérébral, mais elle est cependant parfaitement consciente et par conséquent sensible à la douleur. Le plus souvent, leur seul moyen de communication est un mouvement de la paupière. Dans certains cas, les paupières sont elles aussi paralysées.
LOBE FRONTAL
Partie du cerveau situé à l’avant.
LOBE PARIÉTAL
Partie du cerveau situé au-dessus.
LOBE OCCIPITAL
Partie du cerveau situé à l’arrière.
RÉÉDUCATION
Récupération des déficits dus à une lésion cérébrale.
RÉADAPTATION
Apprentissage de la vie quotidienne avec les nouvelles limitations.
SYNDROME CÉRÉBELLEUX
Association de troubles de la station debout, de la marche et de l’exécution des mouvements résultants de la lésion du cervelet.
TRAUMATISME CRÂNIEN
Le traumatisme crânien est un coup violent porté à la tête ou une pénétration de la boîte crânienne. Les TC sont souvent dus à des accidents de la voie publique (accidents de voiture, mais aussi des accidents de sport (vélo, ski, cheval, …) ou du travail (chute de la personne, chute d’un objet sur la tête, …).

Il n’est pas toujours nécessaire que la tête entre en collision avec un obstacle pour créer une lésion cérébrale, les lésions sont provoquées par l’accélération ou la décélération du cerveau à l’intérieur de la boite crânienne. Avec le choc le cerveau est violemment projeté contre la boite crânienne, en avant et en arrière, ce qui peut provoquer des dommages. Le cerveau qui est « mou » rencontre un obstacle très dure. Il se peut également que des tensions, des cassures et des torsions surviennent au sein du tissu cérébral suite à ce déplacement brutal du cerveau.

WERNICK
Aire du cerveau associée à la compensions orale du langage, dite de Wernicke d’après son découvreur, le neurologue allemand Carl Wernicke. Elle est située dans l’hémisphère gauche, dans la partie postérieure du lobe temporal. Si cette zone du cerveau est touchée par une lésion, on parle d’aphasie de Wernicke. La personne a par conséquent des difficultés à comprendre tant l’expression orale qu’écrite. Elle peut s’exprimer, mais pas toujours de manière cohérente.